ZURBAN Avril 2001

Profession : chasseur d’appartements à Paris
avril 2001

Photo ZurbanSous ses airs angéliques se cache un prédateur. M. Martinet, 24 ans, est un chasseur d’appartements. Venu des Etats-Unis, ce nouveau job devrait faire fureur en France, et plus particulièrement à Paris où se loger reste plus que jamais synonyme de galère. Le principe est simple. Vous cherchez à acheter au meilleur prixsans vous prendre la tête et, bien sûr, sans vous faire avoir ? A la tête de sa société Flat Hunter ( » chasseur d’appartements  » en anglais), créée en janvier dernier, M. Martinet, ses deux associés et ses six chasseurs s’occupent de tout.

« Je fais signer d’entrée un contrat de mission et demande des frais de lancement « , explique le jeune homme. En fonction des premiers critères que le client me fournit, j’évalue la difficulté de la mission. Si une personne recherche coûte que coûte un appartement à 10 000 francs le m² avec terrasse, je refuse de faire un devis car ce type de bien immobilier n’existe pas sur Paris.  » D’autant qu’en bout de course, il se rémunérera sur la transaction entre 2 % et 4 % H.T., mais uniquement en cas de succès.

Pour accomplir leur mission, lui et ses huit acolytes chassent en bande : ils épluchent les petites annonces, assistent à des ventes aux enchères et surtout, activent leurs réseaux respectifs. M. Martinet n’hésite pas non plus à frapper aux portes des agences immobilières, sans forcément entrer dans les détails de sa démarche…  » Les agences ont peur qu’on leur pique des apparts, il faut donc ruser ou expliquer docilement que l’on représente officiellement X ou Y « , raconte-t-il. Il n’en est rien : Flat Hunter se contente de conseiller leur client (en ne doublant pas l’agence !) et divise par deux ses honoraires dans ce cas.

Assimilée par les pouvoirs publics à une agence classique, carte professionnelle de transaction immobilière, assurances et garantie financière à l’appui, la société de M. Martinet a voulu  » rompre avec les pratiques actuelles qui ne prennent en compte que le vendeur et qui cherchent souvent à se faire du fric sur le dos de l’acheteur « . Ayant longtemps fréquenté ce milieu –  » une bande de requins « , dit-il – M. Martinet le philanthrope, se vante même de tisser des liens d’amitié avec certains de ses clients.

En quatre mois d’existence, Flat Hunter a comblé une dizaine de personnes et 50 dossiers sont en attente. Avec Paris et ses 137 000 logements vides comme terrain de chasse, ces prédateurs espèrent bien accrocher rapidement de beaux trophées à leur tableau de chasse.