LES ECHOS Juin 2001

La chasse aux appartements est ouverte
juin 2001

Bien connue aux Etats-Unis, une nouvelle activité, tournée exclusivement vers les acheteurs de biens, est en train d’émerger en France dans l’immobilier.

 

Ce service s’adresse en priorité aux gens soucieux d’économiser leur temps ou résidant dans une autre ville. Quel acheteur à la recherche de l’appartement de ses rêves n’a pas vécu la désagréable situation de laisser ses coordonnées à plusieurs agences immobilières et de n’être jamais rappelé par la suite ? Au fur et à mesure de la reprise de l’immobilier, la situation n’a même fait que s’amplifier, la demande surpassant largement l’offre sur certaines catégories de produits. Mais, quel que soit le secteur, la règle marketing est immuable : un besoin émergent ne reste jamais longtemps sans réponse.

(…) Le métier de « chasseurs d’appartements« , qui n’ont aucun lien avec les réseaux d’agences, se développe. Flat Hunter® (« chasseur d’appartement », en anglais) a démarré officiellement au début de l’année. « Il existe une véritable demande de la part de gens qui ont cherché durant longtemps par leurs propres moyens un appartement qui leur convenait et qui ont jeté l’éponge, affirme M. Martinet, directeur commercial de Flat Hunter® et l’un des trois associés fondateurs. Nous faisons tout le travail de prospection à leur place. Nous visons la clientèle à la recherche d’un appartement vendu entre 1,5 et 5 millions de francs. Au-delà, les gens n’ont plus vraiment de problème pour trouver car les agences les rappellent.

Pour faire connaître l’existence de ce service, Flat Hunter® table sur le bouche-à-oreille, surtout lorsque ses clients pendent leur crémaillère et racontent à leurs amis comment ils ont trouvé leur appartement. « Dans l’ensemble, ce sont plutôt des galeristes ou des professionnels des nouvelles technologies qui sont sensibles à l’arrivée de nouvelles méthodes. » La toute jeune entreprise, qui s’intéresse particulièrement aux biens vendus par les particuliers, facture au départ des frais de lancement puis se rémunère lors de l’acquisition. Elle cherche aujourd’hui à élargir son champ d’action aux locaux commerciaux.

Sur le secteur de la recherche d’appartements, d’autres projets seraient en préparation. « En cette période où, malgré les 35 heures, tout le monde cherche à gagner du temps, de nombreux acquéreurs peuvent se laisser tenter. Mais ces offres ne sont pas encore très connues et ont besoin d’avoir une meilleure visibilité, nuance un observateur du secteur. En outre, le métier de chercheur d’appartements ne peut se justifier que lorsqu’il y a peu de choses à vendre. » M. Martinet, chez Flat Hunter®, a déjà sa réponse toute prête. « S’il se produit un vrai retournement du marché, l’activité ne se justifierait peut-être plus mais rien ne nous empêcherait de réaliser un travail d’agence classique. »

 

Clotilde BRIARD