LE PARISIEN Mars 2004

Ils vous aident à acheter votre appartement
mars 2004

L’ACHAT d’un appartement à Paris ? « Une vraie galère », grince Christine. La jeune femme, cadre trentenaire, cherche la perle rare depuis plusieurs semaines. « Entre le temps passé à éplucher les journaux, les annonces bidon et le prix de l’immobilier, il faut vraiment être fou pour se lancer dans cette aventure. » Du coup, à côté des traditionnels rendez-vous comme le Salon de l’immobilier qui s’ouvre aujourd’hui jusqu’à dimanche à la porte Maillot, la profession innove.

 

En plein essor à Paris : les courtiers en prêts immobiliers et les chasseurs d’appartements, un métier importé des pratiques anglo-saxonnes. « Beaucoup de gens en ont marre de se faire balader par les agences, explique Jérôme Martinet, le fondateur de Flat Hunter®, la principale enseigne de la capitale. Ici, nous leur faisons gagner du temps. »

De son bureau, ce patron gère douze chasseurs. Et chacun a sa spécialité : loft appartement bourgeois ou bobo… « Ça nous permet d’être en phase avec ce que souhaite l’acheteur. »  Un questionnaire minutieux sur ses désirs, des entretiens préalables avec le chasseur et un contrat en bonne et due forme (…) Le coût ? Entre 3 et 4 % hors taxes du prix de l’appartement établi préalablement, soit généralement entre 7 500 et 30 000 €. « C’est un confort, mais ce n’est pas un luxe. » Les clients, d’ailleurs, ne sont pas millionnaires : « Ce sont des gens plutôt aisés, parfois étrangers, mais pas forcement richissimes. Nous ne faisons pas que du haut standing. »

La prestation, en tout cas, est sans commune mesure avec celle des agences traditionnelles. « Nous sommes du côté des acheteurs, souligne Christophe, 40 ans, chasseur depuis un an chez Flat Hunter®. Nous ne gagnons de l’argent que s’ils trouvent ce qu’ils souhaitent. » Du deux-pièces à Bastille au loft à Montmartre en passant par le F 3 lumineux, les demandes sont précises. « On a nos propres réseaux d’annonces », souligne Christophe. La visite vient ensuite. « Il faut être très réactif », glisse-t-il. Sur place, l’expert en appartement se fait une idée. « On regarde tout. Ensuite, je téléphone à mon client, je lui parle des qualités, mais aussi des défauts. C’est une relation de confiance. Si ça lui semble bien, on le revisite ensemble. »Jusqu’à ce qu’il achète.

Comme David, 34 ans, qui a finalement trouvé un petit bijou de 80 m2, dans le XVIIIe, « à moins de 700 mètres de l’endroit idéal ». Après avoir vaguement prospecté pendant sept mois, il a frappé à la porte de Flat Hunter® : « Mon épouse et moi, nous travaillons et nous n’avions pas le temps de chercher », explique-t-il, ravi du résultat final : « Nous aurions pu acheter sept des huit appartements que notre chasseur nous a présentés. C’est un service super. » Tellement que, depuis son achat la semaine dernière, David a déjà envoyé quatre amis chez les chasseurs.

 

Renaud SAINT-CRICQ