LE NOUVEL OBS Février 2006

Chasseurs d’appartements – UN JOB EN OR
février 2006

Eux ne se bornent pas à afficher des petites annonces. Ils écument le marché immobilier, prennent les clients par la main. Et assurent tout.

 

Photo Nouvel Obs

(…) Ce sont les nouveaux conquistadors urbains. Les uns ont pignon sur rue. Les autres forment une nébuleuse de cavaliers seuls, sans scrupule. Jérôme Martinet appartient à la première catégorie. Ce jeune loup de 28 ans, dopé par la flambée du mètre carré, est chasseur d’appartements, « Flat Hunter® », in English. En 1999, quand il crée sa société éponyme, il est quasiment seul. Avec pour viatique sa témérité et une brève expérience d’agent immobilier : « Un métier sommaire, dit-il. On se borne à récupérer un mandat de vente de propriétaires qui n’ont besoin de rien leurs biens se vendent facilement. » En face, l’asthénie. Personne pour ausculter les besoins d’acquéreurs au bord de la crise de nerfs. « Ils consacrent leur temps disponible, engagent beaucoup d’argent. Et sont mal traités. J’ai vu des désespérés offrir 1 500 € pour qu’on leur trouve un appart. » Eurêka. Il tient son job : tout gérer à la place des acquéreurs, de la recherche de l’appartement à la signature. A lui de négocier avec agences, propriétaires, banques et notaires. Il attire vite une clientèle de cadres sup, très sup, et d’étrangers en quête d’investissements. Quand il trouve un appartement en passant par la case « agence », Jérôme Martinet demande 3% du prix de vente à l’acquéreur, qui doit aussi régler les frais d’agence (6%). Et quand il déniche le bien en direct, sa commission passe à… 4%.

 

Aujourd’hui, Flat Hunter® a ses bureaux, 2 associés, 3 salariés et une douzaine de chasseurs. Son chiffre d’affaires double chaque année. Et, la concurrence reste « artisanale ». Un euphémisme pour désigner une petite armée de l’ombre, faite de particuliers affairistes qui travaillent au noir. (…)

Jérôme Martinet double son chiffre d’affaires chaque année.